Sujet : Liens entre la diversité des coléoptères et celle des plantes dans les paysages agricoles
Dates : 8 janvier 2024 – 31 décembre 2025
Responsable CBGP : C. Meynard
La corrélation entre la diversité et l’abondance des plantes et des coléoptères pourrait s’expliquer par deux mécanismes qui ne s’excluent pas mutuellement : (1) les mêmes conditions environnementales (par exemple, des pratiques agricoles à faible intensité, un paysage diversifié) favorisent à la fois une grande diversité d’insectes et de plantes ; et (2) les insectes dépendent directement des plantes pour leur alimentation, leur abri ou leur habitat.
Nous pouvons donc anticiper un effet direct de l’environnement sur les coléoptères (effets agro-environnementaux) ainsi qu’un effet indirect, résultant à la fois de l’influence de l’environnement sur les plantes et de l’effet direct des plantes sur les coléoptères. Pour tester cette hypothèse, nous développerons des modèles de cheminement (basés sur la modélisation par équations structurelles, Shipley 2000) qui permettront d’identifier dans quelle mesure les pratiques agricoles et d’autres variables environnementales influencent la diversité des coléoptères directement (effets agro-environnementaux) ou indirectement, par leur influence sur la diversité de la flore (effet lié aux plantes).
Nous testerons différents modèles de cheminement dans lesquels nous ferons varier la manière dont la diversité de la flore est calculée (notamment la diversité taxonomique et/ou la diversité fonctionnelle). Enfin, afin de comprendre comment les facteurs agro-environnementaux ou liés aux plantes organisent la communauté des interactions entre les espèces, nous créerons des réseaux potentiels d’interactions entre plantes et coléoptères à partir des données sur la composition et des informations sur le régime alimentaire des coléoptères issues de la littérature. Il s’agira de réseaux bipartites (plante-herbivore) ou tripartites (plante-herbivore-prédateur) où la taille corporelle (c’est-à-dire que les insectes plus grands ont tendance à consommer des espèces plus petites) servira de facteur principal pour définir les relations trophiques prédateur-proie. Nous créerons des réseaux non pondérés (binaires) (bipartites) à partir de différents sites répliqués le long des gradients d’intensification et en déduirons les propriétés liées à la taille et à la structure (par exemple, la connectance, la densité de liens, la généralité) de l’assemblage. Ces travaux permettront de mieux comprendre les schémas de diversité α chez les coléoptères des lisières de champs en dissociant l’effet des gradients environnementaux (y compris les pratiques de gestion) et du paysage de l’effet local de la structure et de la diversité de la communauté végétale. Chacune de ces deux approches peut faire l’objet d’un article dans une revue scientifique de premier plan.